Se nourrir

Qu'il s'agisse d'une interruption passagère des chaînes d'approvisionnement ou d'un problème systémique dans la production ou l'acheminement des aliments, votre capacité à surmonter une pénurie alimentaire indépendamment, sera déterminante dans les années qui vont suivre. Les voyants sont déjà tous oranges, voire rouges : diminution des stocks de poisons dans les océans, surfaces agricoles consacrés aux "bio"-carburants au détriment de l'alimentation humaine, mort biologique des sols, crise alimentaire mondiale.

D'ailleurs, savoir produire ou trouver des aliments sains et biologiques n'augmentera pas seulement les chances de survivre à l'avenir mais aussi de survivre au présent ! Car qu'en est-il de notre alimentation ?

Les OGM font leur entrée, fruits, légumes, viandes et autres aliments contiennent pesticides, antibiotiques, hormones. L'appauvrissement des terres agricoles est cause d'une perte importante de la valeur nutritionnelle de notre nourriture, ce qui entraîne des carences alimentaires. En 1984, une enquête de la FAO montrait que 90 % de l'humanité consomme moins de quarante espèces animales et végétales et cinq mille molécules chimiques d'additifs alimentaires . Alors qu'en 1906, on dénombrait 253 variétés de pommes française (Le sol, la terre et les champs, de Claude & Lydia Bourguignon). Nous avons remplacé une diversité biologique par une diversité chimique.

Pour prendre pleinement conscience de ce qui atterrit dans vos assiettes et celles de votre famille, regardez le documentaire Food Inc. (en français) dont voici la première partie en guise "d'apéritif". Si ce film ne vous donne pas envie de cultiver vous-même toute ou partie de votre alimentation, il vous donnera certainement l'élan nécessaire pour vous approvisionner auprès du maraîcher bio près de chez vous en attendant. Vous renforcerez ainsi votre communauté tout en préservant la terre et votre santé.








Vous trouverez une mine de conseils techniques sur le jardinage et l'agriculture dans la rubrique Produire son alimentation. Ici nous nous penchons sur la cueillette sauvage, la chasse, le glanage, les graines germées véritables bombes alimentaires bienfaisantes et des techniques de préparation pour le yaourt, le beurre, les conserves de légumes lactofermentés...


La cueillette sauvage

Prendre conscience de la richesse alimentaire qui se trouve à porté de vous, est une expérience libératrice. Connaissez les plantes comestibles de votre région et vous aurez conscience de toujours pouvoir vous en tirer dans la nature. C'est aussi une bonne manière de diversifier votre alimentation à l'aide de végétaux plus riches en minéraux et vitamines que les légumes du commerce. Il existe de nombreux ouvrages sur les plantes sauvages comestibles. Un bon guide, indiquera aussi les plantes toxiques qui présentent de forte ressemblance avec les comestibles. Car il faut s'abstenir de prendre le moindre risque en cas d'incertitude sur l'identification des plantes. Rien de tel que de suivre des stages de cueillette avec un expert pour compléter votre formation théorique. François Couplan enseigne la connaissance des plantes et a démarré une école pour former à l'enseignement des personnes qui souhaitent à leur tour transmettre ce savoir.

Il faut être conscient de quelques dangers potentiels tels que la possible présence de parasites sur les plantes cueillies (ex.: toxoplasmose sur plantes mal nettoyées), les polutions automobiles ou agricoles, la confusion avec des plantes toxiques. Il en découle quelques conseils élémentaires : 

évitez de cueillir des plantes sur des sites fréquentés par des chiens ou des chatsne mangez pas de fruits poussant près du sol ou qui sont tombés par terre dans des régions ou existe l'hydatidose multiloculaire (Est, Jura, Alpes, Auvergne) abstenez vous de cueillir dans les vergers très souvent traités.épluchez soigneusement les légumes, brassez 2 ou 3 fois à grande eau, puis faites tremper le plus longtemps possible dans une eau vinaigrée pour éliminer les parasites éventuels. Puis rincez (Source : Les salades sauvages, édité par Les écologistes de l'Euzière)Laisser à la plante la possibilité de se reproduire. Les couper au-dessus de la racine ou ne cueillir que quelques feuilles

La chasse 

Même si vous êtes catégoriquement contre la chasse, vous pourriez un jour être amené(e) à avoir à chasser pour vous nourrir. A Neosurvivalisme.com nous estimons que tuer des animaux n'est pas un jeu, un passe-temps innocent. Beaucoup de peuples proches de la nature respectent et respectaient la vie des animaux qu'ils chassaient. Ils ne prélevaient jamais plus que ce dont ils avaient besoin et ne gaspillaient rien. C'est entre autre ainsi qu'ils sont parvenus à vivre de façon durable dans leurs environnements sans les déséquilibrer, comme l'a fait l'homme "moderne". Il est vraisemblable qu'avec nos armes modernes nous ne manquerions pas de décimer tous les animaux sauvages peu de temps après un événement grave qui forcerait les gens à chasser pour survivre.

Il faut savoir que l’exercice de la chasse est soumis au respect d’une réglementation conséquente. Aussi bien sur les modes, les moyens et les particularités de chasse des différentes espèces d'animaux. En France la réglementation s’appuie sur des textes nationaux (lois, décrets en particuliers) et des textes départementaux (arrêtés préfectoraux en particuliers). Avant de pouvoir chasser vous devrez obtenir votre permis de chasse. Renseignez-vous auprès de la Fédération Nationale des Chasseurs.

Le glanage

Le glanage est la pratique qui consiste à ramasser des épis de blé, des fruits ou des légumes après que le paysan ait fait sa récolte. Il s'agissait d'un droit d'usage qui remontait au Moyen Âge. On glane ce qui reste sur le sol (blé, maïs, pommes de terre), on grappille ce qui reste sur les arbres (pommes, poires, raisins,...). Il semblerait que ce droit ne concernait alors que les plus pauvres : enfants, vieillards, handicapés, sans-emploi et qu'il devait se pratiquer entre le lever et le coucher du soleil. Une recherche approfondie sur les fondements juridiques de ce "droit" révèle qu'actuellement il n'existerait plus. Nous ne trouvons aucune trace de l'article R.26 du code pénal que tant de blogueurs continuent à invoquer pour affirmer un droit au glanage. D'ailleurs, depuis 1994, date d'entrée en vigueur du Nouveau Code Pénal, le premier article n'est pas l'article 1er, mais l'article 111-1. Il semblerait que le film d'Agnes Varda, Les glaneurs et la glaneuse (2000) ainsi que des reportages de presse aient créé une illusion de droit qui ne se vérifie malheureusement pas dans la loi. Cependant certains agriculteurs continuent à accepter que des gens dans le besoin, s'aventurent sur leur propriété pour y glaner des légumes et des fruits. C'est donc une attitude qui mérite le respect. Afin que leur bonne volonté perdure et s'étende à leurs collègues plus réticents aux glaneurs, nous pensons qu'il est opportun de suivre quelques règles de bonne conduite avant de glaner. Tout d'abord, demander l'autorisation préalable à l'agriculteur. Il faut aussi respecter le terrain agricole, ne pas piétiner les cultures ou rentrer dans les terres lorsqu'elles sont détrempées. Il faut apprendre à cueillir les fruits sans blesser les arbres par une mauvaise technique de cueillette. Enfin ne pas hésiter à témoigner sa gratitude au paysan qui accepte qu'un inconnu s'aventure sur ces terres pour y prélever des biens qui lui appartiennent, même s'il ne les récolte pas.

Les graines germées

Les graines germées sont des graines que l'on a fait germer à des fins d'alimentation. Les graines contiennent tous les nutriments qu'il faudra à la plantule pour se développer avant d'avoir pris racines suffisamment. Le simple fait de faire germer les graines sèches décuple le taux de vitamines, d'enzymes et de protéines tout en les rendant plus digestes. Ainsi, il est possible de faire germer et d'utiliser presque toutes les graines germées dans l'alimentation:

  * Les légumineuses : luzerne , fenugrec, haricot mungo, lentille, petit pois, pois chiche, etc.

  * Les céréales : avoine, blé, maïs, millet, orge (non mondée), sarrasin, seigle, quinoa, riz, etc.

  * Les oléagineux : sésame, tournesol, avec les fruits oléagineux : amandes, noisettes, chanvre, etc.

  * Les légumes : brocoli, carotte, céleri, chou, épinard, fenouil, navet, oignon, poireau, persil, radis, etc.

  * Les mucilagineux : cresson, lin, roquette, moutarde, etc.

Mais attention : les germes de tomate, d'aubergine et de pommes de terre sont toxiques. Veillez à utiliser des graines issues de l'agriculture biologique et ne faites pas germer de graines commerciales pour les semis, car elles sont souvent recouvertes d'un fongicide toxique.

Les méthodes de germination sont simples et peu coûteuses. Une assiette pour les céréales, une casserole pour les poids chiches, un bocal en verre recouvert de toile moustiquaire ou d'un bas nylon, un germoir à étage (à bricoler ou acheter dans votre magasin bio. Il existe aussi des germoirs automatiques qui arrosent et rincent les graines pour vous.

En produisant vos graines germées, vous récolterez des aliments sains, digestes et vivants chaque jour de l'année et donc aussi en plein hiver. Même si vous n'avez pas de jardin ou de terrasse. De plus, si vous avez à tenir quelques semaines sur votre stock de conserves et de bocaux, suite à un événement grave, votre réserve de graines à germer vous permettra de disposer d'une nourriture fraîche et vitaminées en l'espace de deux à trois jours. Les céréales et les légumineuses sont les aliments les plus compacts et les moins chers à stocker pour la préparation aux crises. Pour en savoir plus consultez Ekopedia ou achetez un ouvrage sur le sujet qu'il sera de toute façon utile d'ajouter à votre bibliothèque neosurvivaliste.

La culture de champignons comestibles :

Cultiver des champignons comestibles n'est vraiment pas sorcier et est nettement moins risqué que d'aller à la chasse aux champignons sauvages quand on ne s'y connaît pas trop. L'intérêt des champignons se situe d'abord au niveau nutritif : ils débordent de protéines, de vitamines B et de minéraux. Et ils ont même des propriétés médicinales (antibiotique, anti-inflammatoire, antitumeur, antiviral, régulateur de la tension,... ).

Ensuite c'est une culture qui est adaptée à une agriculture de type permaculture du fait des divers bénéfices : elle réutilise les déchets agricoles, donne une production élevée par surface cultivée et, après la récolte, le substrat utilisé fournit un excellent amendement du sol. Autre avantage de la culture fongique : la cueillette peut parfois se faire trois semaines seulement après le lardage (semis). Pour tout savoir sur la culture des champignons comestibles visitez le site Champignons comestibles.

Mais, attention quand même : il faut savoir que les champignons absorbent bien les éléments toxiques présents dans leur milieu. Ces éléments peuvent provenir du sol, de la proximité d’une source contaminante (décharge, autoroute (plomb, mercure), fossés avec engrais, défoliants ou pesticides) ou de l’air. En cas de pollutions chimiques ou radioactives, le champignon représente un aliment à risque. Une raison de plus pour bien choisir le lieu où vous installer.

Cette mise en garde ne doit cependant pas vous décourager de cultiver et de déguster les délicieux champignons qui forment un apport alimentaire de qualité pour des millions de gens. Et souvent aussi, une sources de revenus !

Quelques techniques de fabrication :

Le yaourt

Le lait frais se gâche rapidement s'il n'est pas conservé au froid. Pour remédier à cela, rien de plus facile que d'y ajouter du yaourt du commerce ou des ferments lactiques -qu'on trouve en pharmacie- et de transformer le lait en yaourt. Il existe différentes techniques et nous vous conseillons de les tester afin de trouver la recette qui vous convient le mieux. En gros, les étapes sont les suivantes : chauffer le lait (pour certains ne pas le faire bouillir), laisser le refroidir jusqu'à 40-50°C et ajoutez-y ensuite les ferments ou le yaourt du magasin. Enfin mettre en pots et garder au chaud pour qu'il s'affermissent. Conservez au frais. Vous trouverez de nombreuses recettes sur internet mais si vous aimez les livres de recettes, il existe nombreux livres sur le sujet.

La lactofermentation 

La lactofermentation est un procédé simple qui permet de conserver des légumes pendant des mois, sans apport d'énergie extérieur (cuisson, congélation...) et sans aucun agent de conservation. Il s'agit d'un processus de fermentation qui fait intervenir des bactéries de type lactique. Grâce à ses bactéries "amies" le milieu, dans lequel sont plongés nos légumes, s'acidifie progressivement et empêche la prolifération des micro-organismes pathogènes et des moisissures. Ce procédé garde intactes la fraîcheur et les vitamines et peut même améliorer la qualité nutritive des légumes. Par exemple, la teneur en vitamine C de la choucroute augmente de plus de moitié grâce à la lactofermentation, les teneurs en vitamines B12 et PP augmentent notablement. Les aliments lacto-fermentés sont donc une excellente source de vitamines, surtout en hiver lorsque les légumes de saisons deviennent rares.

Pour commencer il vous faut : des pots en verre à couvercle vissé ou à joint de caoutchouc, des légumes frais, un couteau et une planche à découper, une râpe, du sel gris non raffiné, un pilon pour tasser, et des aromates si vous voulez.

Commencez par stériliser vos pots et couvercles. Lavez vos légumes et râpez ou coupez les en petits morceaux. Puis remplissez vos pots en tassant bien. Versez une cuillerée à soupe de sel par bocal d'un litre et ajoutez de l'eau tiède. Le sel favorise les bactéries lactiques au détriment des autres organismes. Si l'on veut des légumes croquants, on mettra plus de sel, si l'on veut les amollir, on en mettra moins. Mettez les couvercles sans les serrer à fond. 2 à 3 jours à l'abri de la lumière permettront de lancer la fermentation, après quoi vous serrerez les couvercles et mettrez au frais au moins un mois. Reportez vous à la littérature pour en savoir plus.

Faire du beurre 

Faire du beurre est bien plus facile qu'on se l'imagine. C'est encore une autre façon de conserver le lait de vache frais tout en fabricant un produit délicieux. Commencez par laisser reposer le lait dans un lieu frais afin de laisser la crème de lait remonter à la surface. Ensuite il s'agit de battre vigoureusement la crème dans une baratte pour faire naître le beurre.

Ce battage fait s'agglomérer les globules de matière grasse contenus dans la crème et les sépare du reste du lait qu'on appelle le

babeurre ou petit-lait. Lorsque les grains de beurre sont séparés du babeurre à l'aide d'un chinois, ils sont égouttés et lavés quelques fois à l'eau froide et potable. Le rinçage est terminé lorsque l'eau reste claire. Pour finir ajoutez environ 45 gr. de sel par kilo de beurre et rassemblez votre beurre en une boule que vous malaxerez jusqu'à ce que toute l'eau soit éliminée et que le sel soit entièrement intégré. Vous pourrez enfin mettre votre beurre dans un moule de votre choix et le conserver au frais pendant plusieurs jours.

Pour vous procurer une baratte à beurre regardez ici et , apprenez tout sur la transformation des produits laitiers frais ici.


Voir aussi la rubrique Stocker pour en apprendre plus sur le stockage des aliments.



























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