L'agriculture biologique peut nourrir la planète !

Dans un rapport de l’ONU paru le 8 mars 2011, le Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, a estimé que les petits fermiers pourraient doubler leur production alimentaire sur les 10 prochaines années en recourant à des pratiques agroécologiques. Pour De Schutter, le problème de la faim dans le monde ne se résoudra pas avec l’établissement de grandes fermes industrielles, bien au contraire. En effet l’agroécologie permet une meilleure conservation des sols et, par conséquence, de produire plus sur le long terme.

Produire son alimentation

 

Sommaire

Pourquoi produire son alimentation ?

Comment ?

En ville

Le jardin à la ville ou en zone péri-urbaine

A la ferme

L'agriculture sans labour

Le Bois Raméal Fragmenté

La forêt fruitière

Le woofing ou apprendre sur le tas

Trouver des terres 

Connaître sa terre et choisir judicieusement ses cultures

Acheter semences et arbres fruitiers



  Pourquoi produire son alimentation ?

Dans le monde entier les surfaces agricoles diminuent au profit des villes, des zones commerciales. Dans le même temps, les réserves d'eau douce sont menacées par l'irrigation et les terres agricoles meurent suite à l'utilisation d'engrais chimiques et de pesticides. L'agriculture intensive est totalement dépendante du pétrole. Le prix des denrées alimentaires grimpera de concert avec celui des carburants. D'un autre côté la démographie mondiale continue sa course échevellée vers les 9 milliards d'humains ! Faites le compte : moins de production, des aliments donc plus chers et plus de bouches à nourrir...

Accroître son autonomie alimentaire est un élément décisif de toute anticipation-préparation. Même en ville il y a des solutions. Bien sûr, si l'on dispose de quelques centaines de mettre carrés ont peu tendre vers une forte auto-suffisance, ce qui est franchement préférable. En effet, en ville les stocks des magasins sont épuisés dans les 2 à 3 jours, sans nouvelles livraisons...

Comment ?

Que ce soit en ville ou à la campagne, la Permaculture, nous offre une technique de conception, une manière d'associer des communautés naturelles de plantes et d'animaux pour un bénéfice optimal et un input minimal. L'idée de base étant de créer des écosystèmes commestibles. Ensuite la Permaculture définit un cadre pour associer dans un schéma cohérent un maximum de bonnes idées "vertes", aussi bien modernes que traditionnelles : le jardin forestier, la culture biologique sur buttes permanentes, l'énergie solaire,...Enfin, le tout s'inscrit dans une éthique que l'on peut résumer en trois points :

 Prendre soin de la TerrePrendre soin des personnesPartager équitablement

La permaculture a été décrite comme la "conception d'environnements humains soutenables". Son objectif est de nous faire utiliser notre cerveau dans l'élaboration d'un système intelligent, en lieu et place de nos muscles et du pétrole.

Quelques exemples qui caractérisent la façon de penser et de faire :

-une serre accolée à la façade sud d'une maison. La serre contribue à chauffer la maison de jour, alors que la nuit c'est la maison qui maintient la serre chaude. Ainsi des plantes sensibles au gel peuvent être cultivés l'hiver.

-un enclos à poule, plantés d'arbres et de buissons à graines et fruits commestibles et situé près du potager : la nourriture des poules tombe à leurs pieds, limitant ainsi les apports extérieurs. Lâchées au verger les poules contribuent à réduire la présence d'insectes "nuisibles", dans le potager elles picorent et grattent la terre, nettoyant et fertilisant ainsi le sol en quelques jours.

-des buissons d'ajonc pour le fourrage des poules : l'ajonc produit des graines que mangent les poules, il fertilise le sol en fixant l'azote de l'air (c'est une légumineuse), il fournit du bois de chauffage et un fourrage d'hiver pour le bétail, il reste longtemps en fleurs, ce qui nourrit les abeilles et contribue au plaisir des yeux.

Le but étant, vous l'aurez compris, que chaque plante, animal ou élément ait plusieurs fonctions. Et que chaque besoin soit comblé par plusieurs sources.

En ville 

Bien sûr les mairies feraient bien de progressivement remplacer les arbres et buissons uniquement ornementaux par des arbres et buissons fruitiers (pensez aux orangers dans les villes andalouses), et d'agrémenter les espaces verts et les parcs de plantes aromatiques et commestibles.

Pour ce qui est des particuliers, il est clair que la dimension verticale est la première piste à suivre. On peut planter des arbres fruitiers et des plantes grimpantes (raisins, par exemple) le long des murs et sur des hauteurs importantes. Pareil pour les balcons et les terrasses. Si votre site ne possède pas de sol, vous pouvez cultiver en pot. Même les coins à l'ombre peuvent être exploités : topinambour, groseillers, fraisiers, s'en accomodent bien. Enfin, si vous n'avez ni jardin, ni balcon, vous pouvez néanmoins cultiver pas mal de choses devant les fenêtres, comme des laitues, par exemple.

Le jardin à la ville ou en zone péri-urbaine

Ceux qui ont la chance de disposer d'un jardin augmente évidemment grandement leurs possibilités. Le principe le plus intéressant dans la conception de jardins et de lieux de vie en permaculture est le "zonage" : les éléments nécessitant le plus d'attention doivent être placés le plus près possible du centre de nos activités. Cela paraît évident, mais dans combien de jardins les fleurs sont devant la maison alors que le potager est à l'écart et que privés de notre attention et de nos passages fréquents, les légumes se fanent ou sont envahis par les "mauvaises herbes" ? Chaque année, beaucoup de légumes sont perdus parce qu'ils sont cultivés hors de vue. Pour éviter ça il faut que la partie la plus productive du potager soit visible de la cuisine. En plus, de nombreux légumes ont des qualités ornementales : haricots d'espagne, choux d'ornement,...Et puis il y a les fleurs commestibles qui apportent des interactions bénéfiques avec les légumes. Les légumes demandant moins d'entretien et d'attention peuvent eux être implantés dans une zone 2, plus éloignée du regard et des passages. Les arbres fruitiers également, voire même dans une zone 3.

Le principe des "secteurs" vient en complément du "zonage" et consiste à installer les éléments selon l'influence de facteurs extérieurs au jardin. Il y a les facteurs climatiques (vent, ensoleillement, gel), les facteurs, les facteurs de voisinage (rue, voisins,...), les facteurs de goûts (comme se préserver une belle vue). Les facteurs climatiques sont à l'origine des micro-climats que l'on trouve au jardin. Il s'agit de petites zones avec leurs propres conditions d'ensolleillement, d'humidité, de température, de vents. La prise en compte de ces micro-climats déterminera qu'elles plantes peuvent pousser au jardin et où les implanter. Ainsi une façade sud offrira un microclimat pour les plantes sensibles au froid, le mur étant un accumulateur de chaleur. Et l'implantation d'une haie d'arbres fruitiers (rappelez-vous : plusieurs fonctions pour chaque éléments) palier à un vent gênant qui s'engouffre dans le jardin.

Il est clair qu'avant de se lancer gaiement dans l'installation d'éléments végétaux durables (arbres, haie, mare, plantes pérennes,...) au jardin, il convient de se réserver une année entière pour observer et connaître les particularités de l'endroit que l'on veut aménager. A une époque où tout doit aller vite, observer une année nous semble impossible. Pourtant les arbres ont bien souvent une durée de vie supérieure à la nôtre et atteigne des hauteurs qu'on a peine à imaginer quand on les plantes tout petits. Mieux vaut observer patiemment que regretter longtemps.

Selon le lieu et vos besoins, différentes formes de potager s'offrent à vous : en permaculture on affectionne tout particulièrement les platebandes en forme de serrure. A partir du "trou", le jardinier peut atteindre l'ensemble de la planche sans marcher sur le sol, évitant ainsi de le compacter, ce qui nuit à sa santé. La zone qui borde le chemin est réservée au plantes qui demandent l'attention la plus fréquente. Un peu plus loin, mais encore à portée de main sont placées des légumes exigeant une attention moins régulière. Enfin dans la périphérie se situent des plantes comme l'ail et l'oignon qui se débrouillent très bien tout seul. On y accède en marchant sur des pierres pour ne pas abîmer la platebande. Le tout est recouvert de mulch (le plus souvent de la paille , mais aussi du carton) pour empêcher les herbes indésirables de se développer. Le mulch aide la terre à conserver son humidité (économie de 40 % en eau) et la protège de l'érosion et de l'attaque des rayons du soleil. Il aide aussi à améliorer la fertilité du sol en se décomposant. Placer un mulch épargne beaucoup de travail aux jardiniers !

Vous pouvez optez pour la technique des buttes permanentes selon Emilia Hazelip. Une fois installées elles ne sont jamais piétinées, ni travaillées et leur fertilité s'améliore de saison en saison. Etant sur-élevées de 50 cm si possible, elles sont très ergonomiques, ce qui peut compter si vous avez beaucoup de surface, n'êtes plus tout jeune, ou plus tout souple. Richard Walner de la ferme du Petit Colibri est un expert de la butte permanente et vous trouverez plein d'informations gratuites sur son site. Jean-Marie Lespinasse y a aussi consacré un beau livre (voir ci-contre). Une bonne vidéo vaut mieux que toute l'explication, alors suivez Emilia Hazelip dans la présentation de son jardin : nous avons trouvé ça superbe !
































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Précieux petit livre pour les citadins inquiets

Le premier livre d'introduction à la permaculture en français. Vous pouvez vous le procurer chez Passerelle Eco. Cette asso lance aussi une souscription pour faire traduire "The Earth Care Manual" du même auteur.

Image : platebande en forme de serrure. Source : www.livingincircles.com/

Un autre choix serait ce qu'on appelle en permaculture, le jardin forestier. Ce jardin a la même structure étagée qu'une forêt : une canopée d'arbres fruitiers, un étages inférieur d'arbres fruitiers nains et de buissons de fruits à coque, un étage de buissons à baies, un étage de légumes et d'herbes vivaces au niveau du sol et finalement des tubercules (pomme de terre, topinambour,...) et des plantes grimpantes. La production totale de ce jardin est supérieure à celle d'une monoculture de n'importe laquelle des variétés cultivées à l'un des différents étages. Ceci est dû entre autres aux effets bénéfiques de pareille biodiversité sur la santé du sol et des plantes. On choisit les plantes avec soin pour les faire se compléter. Dans un jardin forestier, toutes les plantes sont vivaces ou se ressèment elles-même et le sol est recouvert de mulch. Non seulement le travail requis y est minimal mais vous obtiendrez des fruits toute l'année au gré des périodes de maturité de chaque plante. Apprenez comment créer un jardin forestier grâce à l'ouvrage de Patrick Whitefield.


A la ferme

Sachant que la production moyenne au m2 d'un jardin potager est 3,5 fois plus élevée que celle d'une ferme, il est clair qu'il n'est nul besoin d'avoir une grande ferme avec de nombreux hectares. De telles fermes ne sont vivables que tant que le pétrole n'est pas encore trop cher. Mais combien de temps encore. Comme nous l'avons vu plus haut, le "zonage" consiste à placer les activités et les éléments qui nécessitent le plus d'attention le plus près possible des activités humaines. Ce principe s'applique donc également à une ferme. Le poulailler doit au moins être visité 2 fois par jour. Par contre une plantation de bois d'oeuvre ne nécessite pas plus d'une visite par an. Si vous démarrez une ferme de zéro, il sera essentiel de consacrer beaucoup de temps et de réflexion à sa conception. Pour bien comprendre le zonage, nous vous invitons à étudier comme exemple le concept de la ferme en permaculture de Richard Walner, le Petit Colibri. Si vous reprenez une structure existente, il n'est pas trop tard pour modifier le zonage. Beaucoup d'éléments peuvent être déplacés relativement facilement (poulailler, serres, potagers,...) et pour d'autre, un effort important mais unique peut considérablement améliorer la vie et économiser temps et énergie pendant des décennies.

Bien entendu, le zonage ne peut être fait intelligemment qu'en tenant compte des éléments extérieurs (vent, ensolleillement, humidité,...). Ce sont les secteurs. Il faut bien comprendre son site avant de l'organiser. Ceci inclu aussi l'utilisation optimale des microclimats existants avant de se lancer dans la création de nouveaux microclimats.

Enfin, les pentes et les courbes de niveau sont le troisième facteur important. Si par exemple le domaine de la ferme comprend des parcelles escarpées, elles seront un endroit idéal pour une plantation de bois d'oeuvre. En effet, pour éviter l'érosion, toutes les pentes escarpées doivent être boisées. Les pentes sont aussi des zones d'accélération de feu et à ce titre il faut bien penser l'implantation de bâtiments. En règle générale, les constructions gagnent à être posées sur de petites pentes, orientées au sud. On veillera à les placer au dessus des poches de froid pendant la nuit et en dessous des crêtes, souvent trop ventées.


L'agriculture sans  labour (non labour)

Le labour est pratiqué depuis des milliers d'années à tel point qu'il paraît impossible de concevoir l'agriculture sans charrue. En particulier pour la majorité des agriculteurs et de leurs enfants. Et pourtant... L'agriculture sans labour permet d'économiser énormément d'énergie (il faut beaucoup de carburant pour développer la puissance nécessaire pour tirer une charrue profondément enfouie) et de préserver la fertilité naturelle du sol. La plupart des micro-organismes garants de la fertité (bactéries, champignons, etc.) vivent dans les premiers 5 cm du sol. Ils meurent lorsque la charrue retourne la terre et les enfouit plus en profondeur. Le reste est décimé quand le sol mis à nu, les expose aux U.V. du soleil. Puis, un sol nu sera victime d'érosion. Enfin le labour détruit la structure naturelle du sol : des réseaux de blocs solides et de grumeaux, séparés par des fissures à travers lesquelles racines, eau et air peuvent passer.

Heureusement, il existe des alternatives comme le semis direct sous couvert. Claude et Lydia Bourguignon sont d'ardents promoteurs de cette technique qui permet de restaurer une fertilité durable. Leur ouvrage "Le sol, la terre et les champs" est indispensable pour celles et ceux qui veulent se lancer dans l'agriculture ou le jardinage en connaissance de cause. En attendant regardez une introduction au semis direct dans la video ci-contre.

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